mardi 7 juillet 2009

Uruguay for one day

Puisqu'on est obligées de sortir d'Argentine pour renouveler notre "visa touriste" de 3 mois, on part en Uruguay. On traverse le Rio de la Plata sur 50km, et on débarque à Colonia pour une vraie journée de détente, loin de la folie porteña.

Le ferry quitte le port de BsAs

Le port commercial sur la droite

Et la réserve écologique sur la gauche.

Et au milieu, le "skyline", et la ville qui s'étend, qui s'étend...

Après seulement quelques dizaines de minutes, la ville a complètement disparu dans les vapeurs toxiques qu'elle recrache... Gloups.




Arrivée à Colonia, une ville qui donne une image de ce à quoi a pu ressembler Buenos Aires il fut un temps, alors que ce n'était qu'une toute jeune ville coloniale. Ici il n'y a rien à faire, à part se balader dans les rues pavées de la vieille ville, faire des siestes sur la plage, et profiter d'une parenthèse de calme et d'air pur.


Selon les Argentins, "l'Uruguay, c'est comme l'Argentine, sauf qu'ils boivent plus de maté".


Ne pas jeter de Yerba (herbe à maté) dans le lavabo

Une belle journée on ne peut plus calme, on en avait bien besoin!

lundi 6 juillet 2009

Même les artistes s'y mettent!



Le Post, un petit bar sympa au coin de notre rue...Quelque chose a changé!

Facade du Post, Avril 2009

Facade du Post, Juillet 2009

dimanche 5 juillet 2009

Malos Aires


Vu que les médias français ont l’air plus focus sur les messieurs en collants qui pédalent, on vous fait un petit point sur la emergencia sanitaria en Argentina.

Ici, ils viennent de fermer les écoles et la plupart des universités, en fait ils ont juste avancé de 2 semaines les vacances d’hiver, le pic de l’épidémie est attendu d’ici quelques semaines, normalement après, ça devrait redescendre... Le problème c’est surtout pour les parents qui ne peuvent pas s’occuper de leurs enfants si ils travaillent, donc ils sont tous obligés de demander des congés, ce qui paralyse pas mal le pays.


Une bonne partie des gens se baladent maintenant avec des masques (Barbijos, c'est notre mot préféré du moment) , même si on arrête pas de répéter que seuls ceux qui sont malades doivent les porter et que ça ne protège pas les autres d’attraper la grippe. La plupart des lieux publics sont désertés ou fermés (bars, restaurants, cinémas…).

Il est difficile d’avoir des chiffres fiables sur le nombre de malades, car comme ici c’est l’hiver, la grippe A se mêle avec la « grippe normale », et le froid (relatif) et l’humidité aidant, tout ce beau monde contamine la population très rapidement. Au jour d'aujourd'hui: plus de 2 000 malades confirmés, 100 000 possibles, 55 morts.

Ce qui est assez impressionnant c’est la vitesse à laquelle le « psychose grippe » s’est emparée de l’Argentine. En fait le week end dernier c’était les élections (renouvellement de la moitié du Congrès et un tiers du Sénat), et ce n'est qu'une fois les élections passées qu'on a commencé à entendre parler de l'étendue de l'épidémie. Beaucoup accusent le gouvernement Kirchner d’avoir retenu les chiffres du nombre de malades jusqu’à la fin de la campagne, cetains opposants sont même sur le point de leur faire un procès.

D’ailleurs en parlant des élections, il faut savoir qu’en Argentine il est obligatoire de voter ! (c’est également le cas dans 32 autres pays, comme l’Australie, la Belgique, le Brésil…). Ceci pour garantir une légitimité au gouvernement. Dans la théorie, ceux qui se soustraient à leur obligation de vote se voient pendant un an entravés dans toutes leurs démarches administratives pour manquement à leur devoir de citoyen, dans la pratique, le taux d’abstention est en général tellement élevé que la sanction est rarement appliquée.

Madame la présidente....


La veille des élections, tous les commerces ferment à 18h, un fait rarissime ici, surtout à Buenos Aires qui est une ville qui vit la nuit! Les magasins d’alimentation ferment ainsi que les bars et les boites de nuit, et ceci afin de garantir que les gens n’auront pas l’esprit embrumé par une soirée de fiesta le jour où ils se rendront aux urnes !
Une autre explication possible pour cette interdiction de vente d’alcool et de rassemblement la veille des élections est la volonté d’éviter certaines pratiques douteuses qui ont pu avoir lieu par le passé, notamment dans la Provinces : des bus faisaient le tour des villages et ramassaient tous les indécis, ils les rassemblaient dans un stade ou autre, et leur distribuaient de la nourriture et de l’alcool, sur fond de discours idéologique afin de les convaincre de voter pour un parti précis, ceci juste avant de les emmener directement aux urnes !



jeudi 2 juillet 2009

Tenes un barbijo?

T'as un masque?


On vous a si fièrement exposé nos plantitas baignant dans l’arsenic, il est temps maintenant de vous raconter les moult obstacles auxquels nous avons du faire face pour mener à bien nos expériences… fight for science !

D’abord, nous sommes allées chercher les lentilles d’eau et autres plantes aquatiques dans une réserve écologique à 1 heure de Buenos Aires, armées d’une épuisette et guidées par le « guarda parque » amoureux de son marais et connaissant chaque arbre, chaque marre et l’histoire de tous les déchets déposés au cours des années par les crues du fleuve.

Nous avons ramené notre pêche à la faculté d’agronomie et entreposé les plantes dans des abreuvoirs à chevaux devant le labo.


Première crise : la dengue

Avant l’arrivée des élections et de la grippe, la dengue était la principale préoccupation du pays : l’Argentine a fait face à une très grosse épidémie de dengue.

Mais revenons-en à nos plantitas. Quelques semaines plus tard, les services sanitaires de l’université nous ont sommés d’immédiatement vider les bacs qui auraient pu constituer un nid à moustique et causer une explosion de dengue qui aurait tué tous les agronomes de l’université. On est donc allées cacher nos plantes un peu plus loin, il est cool notre maître de stage quand même.


Deuxième crise : LA grippe

Hier, réunion de crise dans le labo : un chercheur du labo de génétique, avec lequel on partage le bâtiment, est déclaré positif. En plus un certain Miguel, qui traverse nos locaux tous les jours, a des symptômes grippaux… il faut vider les lieux, la fin de la semaine sera dédiée à la désinfection des locaux. Mais d’abord, on déjeune, on en discute, et on termine la journée de travail, le virus attendra ! Malheureusement, impossible de quitter les lieux avec nos plantes sous le bras, c’est donc la mort dans l’âme que nous les abandonnons aux griffes de la grippe.

(Ca fout en l’air nos expériences puisqu’on ne va pas pouvoir mesurer le taux d’arsenic dans l’eau régulièrement comme on aurait dû)


Voilà, bienvenue en Argentine. Si vous cherchez des masques, des gels antibactériens et autres, ne vous adressez pas aux pharmacies, elles n’en ont plus. Bizarrement c’est au lendemain des résultats des élections que le nombre de cas a été rendu public… faut pas surcharger les médias.

Ceci-dit, pour l’instant on ne sait pas trop quoi faire, on vous tient au courant, mais on ne s’inquiète pas trop, de toutes façons, on a déjà eu la grippe il y a 2 semaines (niak niak).

dimanche 21 juin 2009

Viva las plantitas!


Petit aperçu de notre labo, avec nos expériences en cours sur les plantitas, qui devraient normalement être capables de filtrer l'arsenic qu'on a ajouté à différentes concentration dans les bocaux...Un indice s'est caché dans la photo ci-dessous, qui prouve qu'il s'agit bien d'un labo en Argentine!




Bon allez, pour ceux qui n'ont pas trouvé, on met une photo de la cuisine (facile!):


(

Rosario

Pour un week-end de 3 jours (encore un, ils sont pires que nous ici!), direction Rosario, à 300km de Buenos Aires, dans la province de Santa Fe.

C’est la ville de naissance du drapeau argentin et, dans un autre registre, c’est aussi la ville de naissance du Che.

La plage sur le bord du rio Parana

El Monumento de la Bandera


Et notre partie préférée de la ville: les balades sur les doc où les anciens entrepôts sont transformés en ateliers d'artistes ou en salle de concert.








vendredi 29 mai 2009

"Y Moneda, Tenes?"

(et t’as de la monnaie ?)

A peine une petite semaine après notre arrivée à Buenos Aires, on a vite découvert LE grand jeu des porteños, celui auquel participe toute la ville sans exception : la course aux Centavos. Le gagnant est celui qui arrive à accumuler un maximum de monnaie.

Histoire de comprendre quelle est l’origine du jeu, il faut commencer par expliquer comment fonctionnent les bus de la ville, appelés Collectivos.



Il y a pas moins de 600 types de collectivos qui parcourent Buenos Aires dans tous les sens, et tous d’une compagnie différente. Pour rendre les choses plus marrantes, il n’y a pas de carte qui donne les itinéraires des différents bus, mais par contre il y a l’INDISPENSABLE Guia T.

Impossible de sortir sans, le mien est déjà tout usé et je me sent complètement perdue si j’ai le malheur de l’oublier. C’est un plan de la ville qui la divise en des centaines de petits carrés et donne le numéro des bus qui passent dans chaque carré. C’est donc absolument indispensable d’en avoir un, c’est la base d’une mobilité fluide et assurée dans Buenos Aires.



Les collectivios sont très fréquents, ils nous emmènent partout et ils fonctionnent 24h sur 24 (et ça c’est vraiment coooooool) MAIS…on ne peut payer qu’avec de la monnaie, qu’on introduit dans une machine à l’entrée. Impossible d’acheter des tickets, ça serait trop facile!

Un trajet coûte entre 1,10 pesos et 1,75 pesos. Ce système oblige tous les usuarios à développer tout un tas de tactiques pour ne jamais se retrouver à cours de monnaie, certains doivent prendre le bus 4 fois par jours, donc ça demande un certain talent.



Quand on est un pauvre joueur fraîchement débarqué, on demande naïvement à un commerçant de nous faire de la monnaie, et devant les refus systématiques on se rend vite compte qu'il va falloir se montrer bien plus imaginatifs que ça. On fait nos courses en plusieurs fois pour pouvoir casser nos billets, on passe un certain temps dans les supermarchés à faire des savants calculs pour être surs que la caissière devra nous rendre quelques pièces. On fait aussi un peu de théâtre, ou comment prendre l’air désolé quand la vendeuse nous demande si on a pas de quoi faire l'appoint: «Lo siento, la verdad, no tengo moneda». Mais ils préfèrent souvent baisser leur prix que de devoir nous rendre des pièces !

Bref, les différents joueurs sont impitoyables, et certains commerçants affichent clairement : No hay moneda sur leur devanture (histoire d'éloigner ceux qui tenteraient d'acheter un paquet de tic-tac avec un billet de 10). Ce système permet aussi de repérer les membres de la classe aisée de Buenos Aires : ceux qui font l’appoint!

La dernière fois j’ai vu une famille complète (papa-maman et les 5 enfants) monter dans mon bus, et la mère a sorti son demi kilo de pièces pour payer le trajet, je m’incline totalement devant des participants d’un tel niveau.



On a quand même le droit à quelques Jockers : d’abord le subte (métro), pour lequel on peut acheter des tickets, mais qui a un réseau bien moins bon que le bus (notamment il ne nous emmène pas là où on bosse, évidemment !), si non on a aussi le taxi, mais je ne m’étendrais pas sur le caractère inéconomique sur de cette option, et enfin il y a les banques, qui veulent bien te faire de la monnaie si ils sont sympa, mais seulement sur un billet de 5 pesos.

Bref voilà, vous avez toutes les cartes en main pour venir jouer avec nous ! Are you readayyyyyyyyyyy?